« - Il y a des millions d'années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d'années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n'est pas sérieux de chercher a comprendrepourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent a rien ? Ce n'est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n'est pas plus sérieux et plus important queles additions d'un gros Monsieur rouge ? Et si je connais, moi une fleur unique au monde, qui n'existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup, commeça, un matin, sans se rendre compte de ce qu'il fait, ce n'est pas important ça ! (...) - La fleur que tu aimes n'est pas en danger ... Je lui dessinerai une muselière, à ton mouton ... Jete dessinerai une armure pour ta fleur ... Je ... Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l'atteindre, où lerejoindre ... C'est tellement mystérieux, le pays des larmes. »
« - Mais oui, je t'aime, lui dit la fleur. Tu n'en as rien su, par ma faute. Cela n'a aucune importance.Mais tu as été aussi sot que moi. Tâche d'être heureux ... Laisse ce globe tranquille. Je n'en veux plus. - Mais le vent ... - Je ne suis pas si enrhumée que ça ... L'air frais de la nuit me fera du bien. Je suis une fleur. - Mais les bêtes ... - Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. Il paraît quec'est tellement beau. Sinon qui me rendra visite ? Tu seras loin toi. Quand aux grosses bêtes, je ne crains rien. J'ai mes griffes. Et elle montrait naïvement ses quatre épines. »
Et voila la suite (mais pas encore la fin ...) des extraits du Petit Prince.
[Le petit Prince, Antoine De Saint-Exupéry Et Jane]